Territoires de projet

Face aux défis des recompositions territoriales et à la compétition de plus en plus forte entre grandes capitales régionales, la métropole lilloise a besoin d’affirmer son positionnement à grande échelle et d’afficher sa capacité à se structurer autour de grands secteurs d’intérêt régional et métropolitain. Comment s’incarnent spatialement les enjeux de développement incontournables pour la métropole afin d’entraîner le territoire régional ? Quels sont les grands secteurs dont la mutation urbaine peut bénéficier à l’ensemble du territoire ?

A travers la démarche « Territoire de projets » initiée dans le cadre du SCOT, les élus du syndicat mixte propose d’identifier ces grands territoires en devenir et d’y fédérer les différents acteurs publics et privés autour d’objectifs communs (collectivités, SPL ou SEM, CCI, entreprises, promoteurs et bailleurs, etc.) de façon à faire converger l’ensemble des projets du secteur vers une ambition cohérente à l’échelle métropolitaine.

L’identification des Territoires de projets s’appuie sur la définition des grands enjeux de développement déterminants pour le rayonnement de la métropole à plus large échelle, en termes d’attractivité économique, d’accessibilité, de tourisme et d’attractivité résidentielle, de transition énergétique et d’environnement, d’équilibres socio-spatiaux, de relations transfrontalières, etc.

Carte des territoires de projet

Les territoires de projets sont ainsi définis à travers différents enjeux majeurs :

Porte sud-est de la métropole : développer une entrée d’agglomération et une accessibilité qualitatives et innovantes à la hauteur d’une métropole européenne ;

Le cœur métropolitain : renforcer le rayonnement et l’image de la métropole en tant que capitale de la nouvelle région ;

Roubaix-Tourcoing-Wattrelos : renverser le phénomène d’appauvrissement du versant nord-est ;

Arc sud de la rénovation urbaine : trouver les leviers pour poursuivre l’intégration des quartiers en difficulté situés en couronne sud et est de Lille ;

Le territoire MIN-Englos-Ports : impulser une structuration innovante du secteur de la logistique et de l’approvisionnement sur la métropole et ses environs ;

Le territoire Sud : garantir l’autonomie d’approvisionnement en eau du territoire ;

Le canal urbain : donner à voir une métropole au bord de l’eau et au cadre de vie renouvelé ;

Du grand boulevard au réseau urbain revalorisé : exploiter le potentiel économique et urbain de la colonne vertébrale de la métropole ;

La Lys transfrontalière et les villes jumelles : conforter la dynamique transfrontalière des villes jumelles ;

Vallée de la Marque : poursuivre la valorisation des abords de la Marque et de la frange agricole à l’est de l’agglomération ;

L’Armentiérois : soutenir le développement de l’Armentiérois et valoriser son rôle au sein du territoire métropolitain.

Une démarche flexible et partenariale au service du développement territorial

Sur chaque territoire, la démarche consiste à mettre en place un cadre de négociation pour construire et mettre en œuvre une vision stratégique à grande échelle. L’ensemble des acteurs clés sont invités à mener de concert cette réflexion. Ce dispositif animé par l’ADU propose, dans sa phase de lancement, de définir une ambition métropolitaine et une stratégie d’actions.

La démarche s’articule ainsi autour de quatre principes clés :

  • ambition public-privé partagée, une feuille de route fédératrice autour d’objectifs communs et cohérents ;
  • pragmatisme et flexibilité du dispositif de réflexion, adapté au territoire concerné, aux acteurs et aux enjeux identifiés, dans un objectif de complémentarité aux gouvernances existantes et d’accélération des projets ;
  • logique de développement intégré plutôt que logique de planification, avec des moyens d’action répartis entre acteurs, à inventer au cas par cas (mise en cohérence et adaptation des projets en cours, nouvelles programmations, plan guide, prescriptions règlementaires…) et une réflexion qui se mène en parallèle des projets en cours et intègre les coups partis ;
  • convergence et lisibilité du régional au local, en construisant une vision stratégique à grande échelle reliant fabrique urbaine locale, enjeux métropolitains et régionaux, pour donner plus de lisibilité à chacun des acteurs, notamment les investisseurs.
Le dispositif d’animation

Le dispositif d’animation

L’ensemble du processus de travail s’appuie sur deux instances qui s’articulent ainsi :

> un comité d’orientation stratégique, groupe de réflexion et d’orientation, composé d’élus (régionaux, métropolitains et/ou communaux) et d’acteurs clés du territoire, qui orientent chaque étape de la démarche, en assurant en parallèle le lien avec les instances métropolitaines ;

> un « atelier métropolitain », groupe « ouvert » de proposition et de consultation qui rassemble, autour du comité stratégique, l’ensemble des acteurs publics et privés liés au Territoire de projets.

Le dispositif comité d’orientation stratégique / atelier métropolitain sera adapté aux besoins de chaque phase de travail afin d’assurer la légèreté du système dans la durée. L’atelier pourra venir en appui du comité d’orientation stratégique pour alimenter le diagnostic, tester les premières orientations, formuler des propositions complémentaires. Composé d’acteurs ancrés dans le terrain, il a pour but de garantir le réalisme de la stratégie d’actions.

Ces deux instances se réfèrent aux instances de pilotage existantes à différentes échelles (conférences métropolitaines, comités des maires et comités de pilotage des grands projets, etc.).

Elles s’appuient sur l’expertise technique croisée des différentes ingénieries présentes sur le territoire ainsi que sur des chercheurs et experts spécialistes des questions soulevées.