L’observation au service du développement territorial

L’observation territoriale, i.e. « l’action de regarder avec attention les êtres, les choses, les événements, les phénomènes pour les étudier, les surveiller, en tirer des conclusions », est au cœur des missions de l’Agence. Elle permet non seulement d’objectiver les phénomènes constatés, d’établir des diagnostics et de suivre des évolutions temporelles, faisant ainsi apparaître les enjeux territoriaux, mais elle offre également des outils d’évaluation et de suivi des différentes politiques. Elle permet de plus de se comparer à d’autres territoires, dans un contexte de compétitivité territoriale, et, pour l’Agence, d’enjeu d’attractivité métropolitaine au sein de la région des Hauts-de-France. Elle permet enfin d’initier des démarches prospectives, qui s’appuient nécessairement sur les spécificités territoriales pour explorer les futurs possibles de ces territoires. Aussi, l’observation, primordiale pour éclairer la décision publique ou privée, constitue un axe majeur du développement de l’Agence.

Une observation renforcée…

Cette volonté de percevoir la réalité des territoires par le biais de l’observation est renforcée non seulement par l’obligation de recourir à des indicateurs de suivi dans les documents d’aménagement et d’urbanisme, mais également par la loi ALUR, qui conforte les agences dans leur rôle d’observation territoriale. A l’Agence, cela se matérialise, entre autres, par le renforcement d’observatoires existants et le développement de nouveaux observatoires (cf. page ci-contre). Techniquement, ces évolutions sont en partie facilitées par le phénomène d’ « open data » et grâce au progrès technologique, qui favorisent l’accès et le traitement de l’information, bénéfiques à l’observation.

… et complexifiée

Avoir un outil d’observation solide, objectif et structuré est primordial pour alimenter la réflexion des élus, de leurs partenaires ainsi que des citoyens. Or, la multiplication d’observatoires traitant des mêmes thématiques, mais à différentes échelles, peut être perçue comme incohérente dans le sens où l’information n’est pas assez mutualisée. Ce problème a pour conséquence d’affaiblir la fonction même d’observation du fait d’un manque de comparabilité à certaines échelles et entre différents dispositifs, pouvant aboutir à une déconnexion entre les observatoires et les décisions politiques.

Techniquement, les données peuvent poser différents problèmes. En effet, certaines ne sont (légitimement) toujours pas accessibles alors qu’elles constituent des enjeux considérables, comme une partie des données concernant la thématique santé. D’autres sont indisponibles à des échelles géographiques fines, telles les données concernant l’énergie : connaître finement les consommations énergétiques permettrait pourtant de mieux cibler les actions de lutte contre la précarité énergétique. D’autres enfin deviennent très volumineuses (big data) et nécessitent des expertises pointues pour être exploitées.

Une co-production indispensable avec les acteurs locaux

Pour répondre à cette complexité croissante, et dans le souci d’éclairer les décisions territoriales, les agences d’urbanisme, qui travaillent de façon multithématiques et multiscalaires, doivent se rapprocher des acteurs locaux, qu’ils soient eux-mêmes « observateurs de territoires », fournisseurs de données, décideurs locaux, ou experts d’une thématique. Le développement de l’observation à l’Agence passe alors par le développement de ces partenariats locaux : des conventions de partenariat ont été signées ou sont en cours d’écriture avec le Rectorat, la CAF, l’ORS, Transpole, la DDSP, le Conseil départemental du Nord… L’Agence se structure également avec les 7 autres agences d’urbanisme régionales dans le but, notamment, de partager les savoir-faire. L’Agence participe également à des groupes de travail nationaux, portés par la Fédération Nationale des Agences d’Urbanisme, lui permettant, par exemple, de se comparer avec d’autres métropoles (démarche « observ’agglo »).

Des outils au service de l’observation

L’Observatoire Partenarial de l’économie : un réseau au service du territoire

Créé en 2006 et animé par l’Agence, l’OPE aborde principalement trois thématiques : le tissu économique, les ressources humaines et l’attractivité. L’OPE travaille à l’échelle métropolitaine, tout en proposant son soutien à des démarches régionales mais aussi à des démarches infra-locales (le développement économique des territoires politiques de la ville). L’OPE réunit les acteurs désireux de développer un outil d’observation transversale, afin d’optimiser les différents moyens et compétences de ses membres : institutions, acteurs de l’emploi et de l’économie, de l’enseignement et de la recherche, de la société civile, de l’observation, de la promotion du territoire… Ces acteurs se mobilisent régulièrement pour obtenir des données parfois difficiles à obtenir individuellement et mutualisent les traitements cartographiques, les mises en pages d’études et proposent des formations.

L’Agence développe des fiches communales

En concertation avec la direction habitat de la MEL, l’agence se dote d’un nouvel outil, intitulé « fiche communale ». Il permet de fournir aux communes des éléments de diagnostic territorial fin (à l’échelle des IRIS voire des sections cadastrales) sur des thématiques multiples : démographie, revenus, habitat pour le moment ; santé, éducation, et d’autres thèmes à l’avenir. Cet outil, déjà opérationnel, sera actualisé annuellement, afin de suivre les évolutions à l’œuvre sur les territoires. Il pourrait éventuellement être utilisé dans le cadre des Analyses de Besoins Sociaux.

L’Observatoire du foncier et l’Observatoire de l’énergie : 2 observatoires naissants

L’appropriation par l’Agence de la problématique foncière est ancienne et nécessite d’être partagée. Durant l’année 2015, les fondements et les enjeux de cette observation ont été recensés et hiérarchisés. Une démarche partenariale avec la MEL a été mise en place afin de mutualiser les ingénieries, les méthodes et les outils. L’Agence continue d’exploiter les données PERVAL (base de données notariales) et développe son expertise des données DVF (demande de valeurs foncières), en s’inscrivant dans la suite des travaux menés par l’EPF et le CEREMA.

Dans le but d’intégrer dans les documents d’urbanisme les enjeux énergétiques et climatiques, défis majeurs de l’aménagement durable du territoire, l’Agence se dote d’un observatoire de l’énergie, nécessitant le développement de partenariats, avec notamment les fournisseurs et les distributeurs d’énergie.

L’Observatoire des évolutions Sociales et Urbaines : au service de la Politique de la Ville

L’OESU a été créé à l’issue du contrat d’agglomération 1994-1998, pour comprendre les phénomènes sociaux et urbains et leurs évolutions dans l’arrondissement de Lille, pour mesurer les écarts sociaux et urbains entre « les territoires », et pour en analyser les enjeux. Il s’appuie sur une observation multithématique (démographie, éducation, emploi, habitat, pauvreté, santé, sécurité publique) et multiscalaire, de l’infracommunal à l’échelle métropolitaine. Depuis 2015 et la prise de compétence « Politique de la Ville » par la MEL, il est l’outil de suivi de cette politique et aide à son évaluation.