L’APERÇU DE…

« Depuis plus d’un an, perspective.brussels, acteur régional, centre d’expertise pluridisciplinaire chargé de la stratégie de développement territorial de la Région de Bruxelles-Capitale, mène une réflexion prospective sur le thème de la densité urbaine. Dans le cadre de sa mission projecting.brussels, perspective.brussels organise une saison thématique afin de définir concrètement comment combiner densité urbaine et qualité de vie des quartiers.

Mise en lumière par la pandémie, la question de la densité fait l’objet, à Bruxelles comme ailleurs, d’intenses discussions. Pour faire progresser le débat, il convient de reformuler la notion de densité. C’est la démarche qu’engage perspective.brussels, avec l’appui du curateur Jérome Baratier, directeur de l’Agence d’Urbanisme de Tours, dans le cadre de sa mission de définition d’un futur soutenable de Bruxelles-Capitale.

Perspective.brussels propose d’en dessiner les contours collectivement, en invitant chaque partie prenante de la ville à s’engager dans cette exploration organisée en 3 temps :
• des webinaires pour forger une vision à 360° de la densité, en invitant
praticiens ou chercheurs de niveau international ;
• un workshop qui explorera de nouvelles formes de densités désirables
sur 5 territoires test de la Région bruxelloise ;
• un temps de synthèse qui clôturera la saison consacrée aux nouveaux
chemins de la densité.

À mi-parcours, certains paramètres d’une densité de qualité se précisent déjà :
• l’importance de la densité des relations dans les espaces publics mis au
service des interactions entre habitants, usagers et nature ;
• la densité et la nature qui sont deux faces indissociables d’une
régénération des tissus urbains ;
• le rôle essentiel des espaces non bâtis ;
• la nécessité de mettre en jeu de nouvelles compétences, outils de
dialogue et de contractualisation ;
• le besoin d’appréhender la densité au-delà des échelles de l’opération.

Ces diverses notions guideront la suite du processus de projecting.brussels. »

LE DOSSIER THÉMATIQUE

DENSITÉS POUR UNE VILLE DURABLE

Interpellée par les documents d’urbanisme de la métropole lilloise, qu’ils soient approuvés, en cours d’élaboration ou en révision (SCOT, PLU et PLH) et ciblée par l’objectif national du Zéro Artificialisation Nette (ZAN), la densité est devenue un sujet central et d’actualité. Une attention renforcée par la crise sanitaire et ses impacts sur les modes de vie qui ont exacerbé les attentes envers l’espace à vivre, tant public que domestique.


EuraTechnologies, octobre 2020 © ADULM – Ph. Frutier, 2020

Densifier, respirer…

L’enjeu clé est de concilier densité urbaine et qualité de vie. Si la densité est généralement perçue négativement, l’objectif de cette étude en plusieurs volets engagée par l’Agence est d’explorer les conditions de son acceptabilité, voire de son aspiration. Le débat doit être poursuivi mais également élargi car il n’y a pas de densité désirable sans offrir en contrepartie qualité, aménité et respiration. S’accorder sur un socle commun de connaissances ; renouveler la mesure de la densité à 360 degrés en y intégrant son vécu ; repérer des opérations et sites significatifs ; travailler au long cours pour apporter des solutions aux documents d’urbanisme… voilà les objectifs des différents cahiers que l’Agence publiera et présentera au cours de l’année 2021.

Densité(s) au pluriel car la métropole recèle une grande richesse d’habitats, de formes architecturales et de tissus urbains : le défi est d’accorder densité et qualité de vie en harmonie avec toute la diversité des villes, villages et quartiers de la métropole lilloise.

La métropole lilloise s’est-elle densifiée ?

La ville se transforme et se développe, comment évoluent les densités urbaines dans ce processus ? La métropole lilloise s’est-elle densifiée ?

Une question simple et récurrente qui nécessite, dans un premier temps, d’objectiver le regard en posant un diagnostic chiffré des densités métropolitaines et de leurs évolutions. Tributaire des dernières données disponibles, l’étude « Densités pour une ville durable – Cahier N°1 »* explore les densités d’habitat (nombre de logements par hectare) de la période 2008 à 2015 et pose un jalon en la matière dans le cadre du suivi du SCOT dont les prochains chiffres sortiront fin 2021.

* : cette étude sera mise en ligne prochainement sur le site de l’Agence.

Les communes du SCOT se densifient

Entre 2008 et 2015, 40 000 logements ont été produits au sein du territoire du SCOT de Lille Métropole, couvrant la Métropole Européenne de Lille (MEL) et la communauté de communes Pévèle Carembault : trois-quarts (30 000) dans la ville existante et un quart (10 000) à l’extérieur, en extension urbaine. Entre temps, la densité moyenne du territoire est passée de 28 logements par hectare d’habitat à 29,2. En sept ans, chaque hectare résidentiel de la métropole compte 1,2 logements supplémentaires.

Les résultats varient à l’échelle communale : si la densité de rares communes diminue, la quasi-totalité se densifie jusqu’à 6 logements supplémentaires par hectare résidentiel. Les principales polarités urbaines et les axes routiers et ferrés rassemblent les niveaux de densification les plus élevés. La globalisation est récente : si 40 à 60 % des communes du SCOT se densifient avant 2000, ce sont 95 % d’entre elles qui sont concernées après 2005.

Plus une commune est dense, plus sa densification est importante. Cette relation interroge sur la perception du phénomène dans les villes les plus denses face aux attentes croissantes d’espaces de respiration, renforcées par la crise sanitaire.

Les densifications varient selon les grands types de communes, c’est le cas pour les communes périurbaines dont les pôles principaux se densifient plus fortement que la moyenne tandis que les pôles secondaires ont tendance à se densifier faiblement. L’attractivité conjuguée aux restrictions réglementaires sur l’extension urbaine auxquelles peuvent s’ajouter des objectifs spécifiques de productions de logements (loi SRU, PLH…), expliqueraient le phénomène croissant de densification.

Des extensions urbaines aux densités contrastées

La densification par l’intermédiaire des extensions urbaines est contrastée. 40 % des communes du SCOT produisent des extensions urbaines jusqu’à 10 logements moins denses par hectare résidentiel que leur niveau respectif. A contrario, certaines communes comptent des extensions urbaines qui dépassent leur densité de 20 logements par hectare.

Globalement, si le SCOT a une densité de 28 logements par hectare, celle des extensions produites entre 2008 et 2015 qui représentent 10 000 des 40 000 nouveaux logements, est de 20 logements par hectare.

À noter que les communes périurbaines, qui totalisent plus de la moitié des logements livrés en extension urbaine, se densifient par l’intermédiaire des extensions.

Plus surprenant, les communes qui s’étendent de manière moins dense sont celles de l’agglomération qui ont produit l’autre moitié des logements en extension. Mais là encore, les comportements communaux varient, par exemple, la première couronne a tendance à produire des extensions plus denses, sans doute liées à la raréfaction de leurs zones à urbaniser.

Une densification presque suffisante au regard du SCOT

La densification globale représente une économie foncière ayant préservé 280 ha d’espaces naturels et agricoles entre 2008 et 2015. Néanmoins, la projection de la tendance laisse présager une légère insuffisance pour atteindre les objectifs de logements du SCOT d’ici à 2035.

Templeuve avant… en 2008 VS Templeuve après… en 2016.

Sources : MEL 2008 – ADULM 2021
Sources : MEL 2016 – ADULM 2021

À venir…

Le second volet de cette étude proposera un référentiel des densités existantes et représentatives de la métropole lilloise afin d’en appréhender au mieux la réalité. À découvrir dans les prochains mois sur le site internet de l’Agence.

L’Aperçu de l’Agence n°2 | Densités pour une ville durable

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